Du mardi 29 septembre au jeudi 1er octobre 2020

Ces Rencontres ont notamment permis d’admirer trois des plus importants décors peints civils français réalisés entre la fin du XIIIe et le milieu du XIVe siècle.

Mardi 29 : Le Champ-près-Froges, Laval, Theys

Une fois n’est pas coutume, nos Rencontres débutent par la visite d’une église dépourvue de peintures murales, mais conservant un magnifique vitrail du XIIe siècle. Ce vitrail, réputé provenir de l’abbaye bénédictine de Domène, a été inséré dans une baie du massif occidental de l’église vers 1838, après le rachat de l’abbaye par la famille Monteynard.

À Laval, c’est une Vierge au manteau du XVe siècle qui nous attend dans l’église. Notre guide, Marcel Chalaye, quoiqu’ayant perdu la vue depuis plusieurs dizaines d’années, se souvient parfaitement de la peinture et se révèle intarissable sur le sujet. Ce décor aurait été commandé en commémoration de la bataille de Verneuil qui opposa les troupes françaises aux troupes anglaises en 1424.

Le Champ-près-Froges

Laval
Genevrey

 

L’après-midi est consacrée à la visite du Châtel de Theys, maison forte construite entre le dernier quart du XIIIe siècle et le premier tiers du XIVe siècle et abritant un décor réalisé dans les vingt dernières années du XIIIe siècle. Les cinquante-deux quadrilobes historiés reprennent le début du Perceval de Chrétien de Troyes. Il s’agit de la seule représentation connue en peinture murale de la version originale de l’œuvre du romancier champenois (cf. www.chateldetheys.com).

 

Theys

Cruet

 

Mercredi 30 : Chambéry, Grenoble

C’est le conservateur adjoint du Musée savoisien de Chambéry qui nous reçoit le mercredi matin pour nous présenter le décor du château de Cruet, réalisé vers 1308 et déposé au musée. Nous commençons par une présentation de l’histoire des peintures, de leur sujet (le roman de Girart de Vienne, de Bertrand de Bar-sur-Aube) et de leur future présentation une fois que sera terminée la campagne de travaux de réaménagement du musée. Ensuite, nous pouvons examiner de près l’un des panneaux des peintures déposées, spécialement sorti des réserves pour nous.

Nous profitons de notre présence à Chambéry pour admirer l’impressionnant décor néo-gothique de la cathédrale, réalisé en plusieurs étapes durant le XIXe siècle (1810, 1834-35, 1885) par trois artistes italiens : Fabrizio Sevesi, Casimir Vicario et Bernard Sciolli. Suite aux différentes campagnes de recouvrement, puis de dégagement, est aujourd’hui essentiellement visible l’œuvre de Casimir Vicario.

Nous nous rendons ensuite à Grenoble, où, faute de pouvoir visiter la chapelle Sainte-Marie-d’en-Haut et ses peintures du XVIIe siècle (fermée pour les causes cumulées de travaux et de répétition de spectacle de danse), nous voyons les quelques fragments médiévaux conservés sur le portail de la collégiale Saint-André et dans le Musée de l’ancien évêché.

Jeudi 1er : Venon, Vif, Roybon

La première église visitée le jeudi matin et celle de Venon, où le parti-pris de restauration pour présenter les trois couches de peintures (XVIIIe, XIVe-XVe et XIIIe siècle) suscite un débat animé.

Nous nous rendons ensuite à Vif, tout d’abord dans l’église Saint-Jean-Baptiste, où les sondages effectués laissent entrevoir deux campagnes de décors peints (XIIIe et XIVe siècle) qui couvrent apparemment tous les murs de la nef. Un site très prometteur, donc, à condition que la commune trouve les financements nécessaires à la réalisation d’un dégagement complet. Puis c’est une autre Vierge au manteau du XVe siècle que nous contemplons sur le tympan de l’église Sainte-Marie du Genevrey (Vif).

Venon

Vif

Le début d’après-midi est consacré à la visite de la maison forte de Roybon et de ses peintures murales des années 1340. Ce troisième ensemble civil du séjour nous permet d’admirer à la fois des décors répétitifs couvrants dans la tour et les peintures de la grande salle de la demeure composées de scènes figuratives, d’une frise héraldique et d’un décor géométrique au-dessus d’une tenture seulement repérée par des sondages.

Roybon

Roybon

 

Térence Le Deschault de Monredon